Musique et handicap 78

VERSAILLES LE 9 SEPTEMBRE 2023

Musique & Handicap 78 au forum des associations

© Photos-vidéo : Bénédicte Ordody et Sylvie Raymond

Ce samedi 9 septembre à Versailles s’est déroulé le forum des associations. L’ouverture au public était prévue de 10 heures à 18 heures, avenue de Paris. De part et d’autre de l’avenue étaient dressées deux scènes qui ont accueilli une quarantaine de démonstrations. L’espace alloué à l’événement était réparti en sept villages. Au sein du village Social et santé, l’équipe de Musique et Handicap 78 s’est fièrement établie au stand B50.

Depuis plusieurs jours, le matériel de communication avait été préparé, revu et contrôlé. Les membres du CA, les intervenants avaient répondu présents à l’appel de leur présidente. Bientôt 10 heures : on a quelques instants pour faire le point. Certains évoquent de bons souvenirs des années précédentes. L’événement est festif. C’est l’occasion pour Musique et Handicap 78 d’aller à la rencontre du public, de son public. Les deux maisons de quartier de Versailles qui accueillent des ateliers de musicothérapie ont un stand, elles aussi, pas très loin. Malgré la chaleur (accablante), certains bénéficiaires ont fait le déplacement. Avec l’équipe de Musique et Handicap 78 présente sur le Forum, on se retrouve, on échange : il y a des projets dans l’air.

Alexandre, qui se sent inspiré, a sorti son saxophone. Il ébauche une mélodie qui débouche très vite sur une longue improvisation hypnotique ponctuée par les rythmes percussifs d’Estelle, martelant avec nuance son handpan*, qui se met à jouer les magiciens. Ces deux-là ont en eux le sens du jazz et ça se sent. Magique est le mot qui revient sur toutes les lèvres.

Sigvald, de son côté, défraie la chronique en modulant habilement les sons qu’il tire du didjeridoo* dont il connaît les secrets. L’instrument (de la famille des cuivres bien qu’il soit en bois) exige de l’interprète une coordination et un contrôle précis des lèvres, des joues, de la langue, de la voix et du souffle, qui est émis de façon ininterrompue par une technique difficile à maîtriser. Alice a apporté son métallophone, Natalie nous montre sa double kalimba et Ghislaine nous fait entendre le son de ses deux accordéons. Nadine et Sylvie sont présentes aussi. Ajoutant leur grain de sel à la pulsation collective, elles ne perdent pas un son, pas une note, de ce qu’on entend là. Bénédicte prend des photos…

La musicothérapie, on en parle beaucoup sur le stand, et c’est tant mieux. La discipline s’était faite un peu trop discrète, mais, en ces temps de rentrée, on en reparle beaucoup. D’abord, dans les médias. France Musique lui consacre officiellement un podcast (La place du corps en atelier de musicothérapie : Anaëlle Cloarec). Des ouvrages de grande vulgarisation, illustrant la pratique thérapeutique, sont en vitrine des libraires (voir Édith Lecourt, La musicothérapie, une méthode, des exemples, des exercices, Éd. Eyrolles…) : ils soulignent le succès de ces pratiques, leur simplicité, leur technicité et la rapidité de leurs effets, sans rien concéder à la rigueur scientifique. De son côté, l’Université accroît la recherche sur les outils d’évaluation et la Fédération française des musicothérapeutes (qui fête ses 20 ans) s’active…

Dans le contexte de la crise sanitaire et sociale qui a fait irruption dans nos vies, bousculé en profondeur nos repères et remis en question nos valeurs et nos convictions, nous avons été fragilisés. Une inquiétude permanente s’est invitée dans un monde où ce qui ne peut être contrôlé nous est insupportable. La famille a été bousculée par l’éclatement du travail et le chômage partiel, et parfois déstabilisée. Les relations ont été mises à mal. Alors, la musicothérapie, parlons-en… Elle a de beaux jours devant elle, le son et la musique devenant objets essentiels de relation, objets transitionnels, comme l’aurait dit Winnicot, objets thérapeutiques, au centre d’une triple rencontre entre soi et l’autre, entre soi et soi, entre le son et nous, qui le produisons ou le recevons…

* Le didgeridoo

À l’origine, cet instrument est joué par les Aborigènes du nord de l’Australie. Son usage pourrait remonter à l’âge de pierre (20 000 ans), d’après une peinture rupestre représentant un joueur de didgeridoo. Le didgeridoo authentique réalisé traditionnellement par les Aborigènes est originaire du nord de l’Australie, le seul endroit où se trouvent les termitières qui mangent le cœur des arbres d’eucalyptus vivants.


Le handpan

L’instrument tire ses origines de la famille des steel drums (tambours en acier) imitant les steel pans traditionnels des Caraïbes. En 1976, un enseignant, Felix Rhohner, entend pour la première fois le son du steel drum. Il s’essaie immédiatement à la construction de cet instrument et fonde la société PANArt Hangbau AG, basée à Berne. Il est rejoint dans son entreprise par sa compagne, Sabina Schärer. Le handpan est né, baptisé Hang par ses concepteurs en référence au mot qui désigne la main dans le dialecte de Suisse alémanique. Il trouve sa filiation dans le ghatam ou ghara, pot à eau en terre cuite indien, détourné en instrument de musique au VIIIe siècle. « Cet instrument à percussion en forme de soucoupe volante dévoile une multitude de tonalités. »


Sources : Wikipedia, Artistikrezo

 Publié le 11 septembre 2023 – gdc
Mise à jour le 5 mai 2024

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